40 Km/h sur les rues résidentielles

La vitesse abaissée à 40 km/h dans les quartiers résidentiels

Patrick Duquette; le Droit

La Ville de Gatineau abaissera la vitesse permise à 40 km/h dans les quartiers résidentiels, malgré les résultats peu concluants d’un projet pilote.

Les nouvelles limitations de vitesse entreront en vigueur en septembre 2012. L’installation des panneaux et les campagnes d’information coûteront près d’un million aux Gatinois.

Les élus ont décidé d’aller de l’avant avec cette mesure, malgré les résultats mitigés d’un projet pilote réalisé dans le secteur Gatineau.

Les tests ont démontré que le seul fait de changer les panneaux « n’a que très peu de chance d’obtenir des résultats tangibles sur la sécurité des gens », dit Claude Martine, ingénieur à la circulation de la Ville de Gatineau. Dans son rapport, M. Martine signale que cette constatation va de pair avec des études québécoises et étrangères. Les chercheurs s’entendent pour dire que l’abaissement de la limite permise est « inefficace » pour convaincre les automobilistes de lever le pied.

Malgré ces résultats qu’il qualifie de « plus ou moins concluants » dans son rapport, M. Martine a recommandé aux élus d’aller de l’avant. Il est difficile, concède-t-il, de rejeter du revers de la main l’abaissement de la vitesse permise à 40 km/h. Mais pour être efficaces, prévient-il, les nouvelles limitations devront s’accompagner d’une campagne d’information « agressive » et d’une répression policière accrue. « Sans campagne d’info, sans présence policière, l’impact va être relativement faible », a dit M. Martine.

Les contradictions contenues dans le rapport n’ont pas échappé au conseiller Patrice Martin. Le président de la Société de transport de l’Outaouais a été le seul, hier, à voter contre les nouvelles limitations de vitesse. « Il n’y a pas de lien logique entre les études qui sont présentées, les expériences des autres villes et la recommandation d’aller de l’avant avec cette initiative-là. Je suis bien sûr en faveur de la réduction globale de la vitesse dans les quartiers et partout ailleurs. Mais je ne crois pas qu’on ait fait la démonstration qu’il y a un lien logique entre l’application de cette mesure dans d’autres villes et la réduction de la vitesse. Et c’est dit noir sur blanc dans le rapport. »

Conseillers satisfaits

D’autres conseillers, comme le président de la sécurité publique Maxime Tremblay, ont applaudi l’initiative déjà mise en place par des villes comme Montréal, Saint-Bruno et Saint-Constant. M. Tremblay insiste sur les aspects favorables du rapport. Ainsi, la réduction de la vitesse aurait pour effet de ralentir les « grands contrevenants », ceux qui roulent à haute vitesse dans les rues résidentielles. L’instigateur du projet pilote, Luc Angers criait lui aussi victoire. Mais il concède que les panneaux ne régleront pas tout. « C’est une mesure parmi tant d’autres », dit-il.

D’autres élus se frottaient les mains d’aise en privé. Indirectement, la limitation de vitesse se traduira par des amendes plus salées. Se faire prendre à 71 km/h dans une zone de 40 km/h coûte 220 $ et 3 points de démérite. C’est deux fois plus cher que dans une zone de 50 km/h (110 $ et 2 points de démérite).