Étude environnementale sur Jacques-Cartier; des questions demeurent….

Réaménagement des berges de la rue Jacques-Cartier, à Gatineau
Le BAPE donne sa bénédiction au projet

Patrick Duquette; Le Droit

Le projet de réaménagement de la rue Jacques-Cartier à Gatineau n’aura « aucun effet négatif sur l’environnement », malgré la proximité de sols fortement contaminés au parc La Baie.

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a rendu publique mardi après-midi l’étude d’impact associée à ce projet de 32,1 millions$.

Les conclusions de l’étude, qui feront l’objet d’une séance publique d’information le 30 mai prochain, à 19 h, au centre communautaire Tétreau, sont limpides.

« Aucun effet négatif n’est anticipé sur le milieu biophysique », tranchent les experts de la firme CIMA dans leur rapport. La qualité de l’air, le niveau de bruit ambiant, la qualité des sols: rien de tout cela ne sera menacé par les travaux de réaménagement.

Pas plus que la qualité des eaux souterraines et de surface, les berges, la faune ou l’habitat du poisson, conclut CIMA.

Les documents rendus publics sur le site Web du BAPE démontrent toutefois que le ministère du Développement durable (MDDEP) a voulu s’assurer du bien-fondé de l’étude de CIMA, déposée en juillet 2010 par la Ville de Gatineau.

À deux reprises, le ministère a exigé les résultats de toute une série de tests et d’analyses complémentaires. Le plus souvent, c’était en lien avec la qualité des eaux et du sol à proximité de l’ancien dépotoir qui dort sous le parc La Baie.

Une autre étude réalisée pour le compte d’Hydro-Québec se penche sur le potentiel archéologique du site. Il serait particulièrement élevé entre l’église Saint-François-de-Sales et la rue Prince-Albert.

Loin de nuire à l’environnement, le réaménagement des berges sur une distance de 3,2 km entre Gréber et Saint-Louis métamorphosera le paysage pour le mieux, fait valoir le rapport de CIMA.

L’ajout d’une marina publique, d’une piste cyclable et la naturalisation des berges permettra d’exploiter le potentiel récréotouristique de l’endroit et de mettre en valeur le panorama sur la rivière et sur les centres-villes d’Ottawa et de Gatineau. Le réaménagement améliorera la sécurité des cyclistes et des piétons. Une voie de desserte permettra aux riverains d’accéder à leur propriété par l’arrière.

Angers loin d’être rassuré

L’étude d’impact ne rassure pas totalement le conseiller du district de Pointe-Gatineau, Luc Angers. Au cours des derniers mois, M. Angers s’est inquiété de la possible contamination du site au BPC.

Or, dans les rapports rendus publics par le BAPE, des analyses effectuées par Dessau font état d’un potentiel de contamination de l’emprise publique, soit entre les habitations et la rue, dit-il.

Les coûts du projet inquiètent aussi M. Angers. Selon les documents mis en ligne par le BAPE, la facture de 32,1 millions exclut l’acquisition des terrains et les études environnementales.

Or l’achat et l’expropriation des 80 parcelles de terrain requises pour mener à bien le projet pourraient coûter jusqu’à 5 millions$, selon une estimation qui date de 2010. « Si on extrapole, ça veut dire que les coûts du projet sont déjà rendus à 37 millions$. Et on n’a pas commencé à creuser », dit M. Angers.