L’avenir des bibliothèques

Angers préfère de petites bibliothèques à une grande

par Mathieu Bélanger, le Droit

L’avenir des bibliothèques à Gatineau ne doit pas passer uniquement par la construction d’une bibliothèque centrale dans le secteur Hull et par la bonification de celles existantes, mais aussi et surtout par une multiplication des points de service à la grandeur du territoire de la ville, selon le conseiller Luc Angers.

Le conseiller du secteur Gatineau souhaite que ce soit maintenant la bibliothèque qui aille vers les gens et non plus le contraire. Ainsi, M. Angers verrait bien des points de service installés dans des bâtiments d’organismes communautaires, dans les Centres de la petite enfance (CPE) et même dans certains commerces qui en démontreraient la volonté. Ces petites bibliothèques seraient toutes rattachées à la bibliothèque centrale par le biais d’Internet.

Le président de la Commission des arts, de la culture, des lettres et du patrimoine, Stefan Psenak, affirme que la vision présentée par son collègue est « intéressante », mais il ajoute qu’il sera important de demeurer « réaliste » pour éviter de créer de « faux espoirs » dans la population.

« On ne pourra pas avoir 18 bibliothèques de quartier juste pour faire plaisir à tout le monde, dit-il. Il faut savoir qu’on aura besoin de ressources supplémentaires si nous ouvrons de nouveaux points de service. Ça ne pourra pas être géré à la petite semaine par des gens qui ne connaissent rien à la bibliothéconomie. Il faut être réaliste, on ne pourra pas multiplier les points de service à l’infini. L’initiative de M. Angers mérite d’être étudiée. Ça ne veut toutefois pas dire que ça va se réaliser comme il le propose. Ce sera à nos spécialistes de nous faire des propositions en fonction des orientations qu’on (les conseillers) leur aura donné. »

Luc Angers fonde beaucoup d’espoir dans l’initiative qu’il propose pour augmenter la fréquentation des services de bibliothèque dans son quartier qui est l’un où l’inscription aux bibliothèques est le plus faible de Gatineau.

« Il pourrait s’agir d’endroits où on retrouverait les services de la bibliothèque, mais sans les colonnes de livres qui, à mon avis, sont passées de mode, dit-il. Il serait possible d’y commander des livres qui seraient ensuite livrés de la bibliothèque au point de service. La fréquence des livraisons serait à déterminer. Je ne sais pas combien tout ça pourrait coûter, mais je crois que nous pourrions le financer avec l’argent qui viendra des taxes municipales des nouveaux édifices fédéraux dans le centre-ville. »

Le conseiller Psenak estime que le concept de « bibliothèque mobile », qui se déplace d’un endroit à l’autre selon un circuit et un horaire précis, serait une bonne façon de répondre aux besoins des citoyens, sans devoir multiplier les points de service. « On va bientôt avoir une séance de travail où ce sera le temps de mettre toutes nos idées sur la table », souligne M. Psenak.