Une nouvelle formule?

Le conseiller Luc Angers veut essayer une nouvelle formule

par Patrick Duquette, le Droit

Le conseiller Luc Angers propose de mettre fin à une tradition bien établie à Gatineau, en nommant à tour de rôle les membres du conseil municipal au comité exécutif. Selon sa proposition, même les ennemis du maire Marc Bureau seraient ainsi appelés à former sa garde rapprochée

M. Angers ne voit que des avantages à favoriser une rotation d’un an au sein de l’exécutif. La démocratie y gagnerait, affirme-t-il, dans un contexte où les décisions importantes se prennent actuellement dans le secret du cabinet du maire, de concert avec ses principaux lieutenants et la haute direction. « Le fonctionnement actuel profite seulement à quelques-uns, et pas à l’ensemble du conseil municipal », déplore-t-il, en plaidant pour une décentralisation des pouvoirs.

Le maire Marc Bureau siège d’office au comité exécutif, un organe qui se réunit chaque semaine pour approuver les contrats, surveiller les chantiers en cours et veiller, de façon générale, au bon fonctionnement de la ville. La nomination des membres du comité exécutif est la prérogative du maire. Habituellement, il choisit quatre conseillers, parmi les gens en qui il a le plus confiance.

Avec sa proposition, Luc Angers vient bousculer des règles bien établies.

L’ex-Ville de Gatineau a tenté l’expérience d’une rotation au sein du comité exécutif, rappelle-t-il. « Au point de vue démocratique, ce serait un plus. Ce n’est pas seulement ceux qui sont près du maire qui seraient impliqués, mais aussi ceux qui sont moins sympathiques au maire. Au point de vue des idées, de la démocratie et d’une meilleure ambiance, chacun devrait avoir la chance de le faire au moins un an », fait valoir M. Angers.

L’expérience de Montréal

L’expérience a récemment été tentée à Montréal, bien que dans un contexte différent, en raison de la présence de partis politiques.

Après les élections municipales de 2009, le maire Gérald Tremblay a nommé le chef d’un parti rival, Richard Bergeron, au sein de son comité exécutif. Mais c’était pour mieux le congédier, un an plus tard, en raison de leurs divergences de vues à propos de l’échangeur Turcot.

Mis au courant de cet épisode, Luc Angers a semblé pris de court. « Bon, ça revient à de la politique partisane », a-t-il laissé tomber.

Il soumettra néanmoins sa proposition au lac-à-l’épaule convoqué par son collègue Maxime Pedneaud-Jobin à Maniwaki, demain et vendredi.

Afin d’améliorer le fonctionnement du conseil municipal. M. Angers suggère aussi de multiplier les « résolutions privées » de la part de conseillers, et de recourir à des « bills omnibus » pour faire approuver en bloc des projets refusés par l’administration.

Il souhaite également rediscuter, à chaque mi-mandat, de la présidence des différents comités.