La ville de Gatineau veut s'approprier des terrains sur Jacques Cartier
La municipalité a besoin de ces terrains pour mettre en oeuvre un plan de 32 millions$ qui redonnera au public l'accès à la rivière et transformera les berges en attrait touristique.
La majorité (48) des terrains convoités ne sont pas habités et s'étendent le long des berges de la rivière, entre le pont Lady Aberdeen et la rue Saint-Louis.
Pour l'instant, la municipalité refuse de parler d'expropriation. «Il n'est pas question, pour le moment, d'envoyer des avis d'expropriation et aucune date n'a été fixée pour l'envoi de tels avis», a expliqué Luc Angers, conseiller du district des Promenades.
La Ville s'est donnée jusqu'au 1ermai pour négocier l'acquisition des terrains. «Nous avons entrepris des pourparlers avec les propriétaires et nous souhaitons en arriver à des ententes de gré à gré», affirme Catherine Desfossés, du service des communications de la Ville de Gatineau.
Lors d'une rencontre d'information au début du mois de décembre, des riverains ont déjà pris rendez-vous avec la municipalité dans le but de discuter de la vente de leurs parcelles. D'autres attendront de recevoir un avis d'expropriation avant de se manifester.
Propriétaire de quatre parcelles de terrain convoitées par la Ville, le notaire Daniel Lauzon n'est pas dupe. Il dit voir clair dans la stratégie adoptée par la municipalité. «Les corps municipaux procèdent toujours de la même façon: D'abord, le plan A, le easy way. Et si jamais ça ne marche pas, ils vont y aller le hard way.»
Pour l'heure, M.Lauzon attend que la Ville lui présente une offre. Et il s'attend à ce que cette offre soit bien en deçà de la valeur de ses terrains. «La Ville a fait ses devoirs et ses leçons depuis longtemps. Elle connaît exactement la valeur des terrains. Évidemment, ils gardent ces valeurs pour eux. Ils commencent par offrir des pinottes.»
Le hard way, c'est l'expropriation. Celle-ci peut, selon le notaire Lauzon, donner lieu à des contestations, autant sur la pertinence de l'expropriation que sur le montant de l'indemnité.
Selon le conseiller Luc Angers, la majorité des riverains sont en faveur du projet de réaménagement de la rue Jacques-Cartier. «Ils attendent ça depuis 20, 25 ans», dit-il.
Beaucoup de citoyens, dit-il, se plaignent «qu'il ne se passe rien» depuis que la Ville a fait le ménage dans les quais illégaux qui polluaient les berges de la rivière.
Estimés à 32 millions$, les travaux ne démarreront pas avant l'automne 2011. La Ville doit encore obtenir des approbations environnementales de Pêches et Océans Canada, et du ministère québécois de l'Environnement et du Développement durable.
Le Bureau des audiences publiques sur l'environnement doit également tenir des consultations publiques à l'hiver 2010.
Voici le lien pour obtenir les terrains visés:




























